Ce tome est essentiellement une suite des événements déclenchés au début du run de Steve Englehart au tome précédent.
Tome précédent : Les Doyens de l'Univers avaient comploté pour s'emparer des gemmes de l'Infini et relancer la guerre Krees / Skrulls, le tout avec le but de détruire l'univers et Galactus, afin (en gros) de devenir les êtres suprêmes d'un univers à renaître. Bien entendu, ils avaient échoué grâce au Surfer d'Argent, Mantis et Nova; sur la dizaine de Doyens trois d'entre eux ont fini dans un trou noir (avec les gemmes), cinq ont été bouffés par Galactus, un a été exilé, un autre s'est enfui... Et pendant ce temps-là, c'est une Skrull qui dirige en secret l'Empire Kree.
Bref, lorsque ce nouveau tome s'engage, le Surfer fait équipe avec Nova pour traquer le leader des Doyens, en fuite : le Contemplateur. Pif paf pouf, petite aventure face à un double maléfique du Surfeur, ensuite retour au chevet de Galactus, malade après avoir mangé 5 Doyens (immortels, ça fait mal au bide). Prochaine mission : le Surfer plonge au coeur du trou noir pour récupérer les gemmes de l'Infini, accompagné des époux Richards. Là, bien entendu, tout un univers se cache dans le trou noir, le royaume magique de l'Ordre, du Chaos, et de leur serviteur instable et mégalomane, l'Intermédiaire, qui a bien envie de venir dans notre plan d'existence zigouiller Galactus.
Bref, ça pète dans tous les sens et on se frite sur l'horizon d'un trou noir. Le tout se termine plus-ou-moins en statu-quo, plusieurs Doyens se barrant chacun avec une gemme (qu'ils garderont jusqu'à Thanos Quest), l'Intermédiaire étant châtié par ses maîtres, Galactus retrouvant la forme. Nova et le Surfeur peuvent repartir vivre d'autres aventures.
Outre le récit principal, le recueil accueille également un récit actualisé des origines de Galactus, ainsi qu'un long épisode "What if" illustré par Buscema et scénarisé par Englehart. C'était un vieux scénario mis au frigo avant qu'Englehart se lance dans sa longue saga, on revient donc à l'époque où le Surfeur était coincé sur Terre, où il se bastonne avec Magog agissant pour le compte de l'Intelligence Suprème Kree : bof... Egalement le premier Annual du Surfeur, là aussi un récit complet basé sur une hypothèse abracadabrante : le Surfeur allié au Super-Skrull, face aux Eternels agissant pour le Maître de l'Evolution pour leur faire subir des expériences scientifiques.
Enfin bref, un album ambiance Grand 8 (voire Grand Guignol), c'est du cosmique explosif tendance nawak ! J'ai trouvé ça correct sans plus, les délires cosmologiques de la fin sont assez capillotractés, les récits complets mettent en scène des alliances totalement improbables...
Ron Lim arrive (et restera une dizaine d'années) au dessin, où il prend le relais de Marshall Rodgers qui termine son travail en eau de boudin (le seul épisode qu'il a illustré dans le recueil sent vraiment le truc fait à l'arrache et sans conviction).
Bon, vais-je poursuivre cette série ? Les années 90 étaient un peu parties en sucette avant d'excellents récits au seuil des années 2000 (que j'avais lu dans Marvel Select) notamment le run délirant de John Muth. On verra selon l'inspiration...
La série principale suit son petit bonhomme de chemin avec Ron Lim au dessin (très à l'aise avec les personnages principaux et les décors cosmiques, mais les PNJ sont souvent plus bâclés). On a même Marshall Rodgers qui fait un bref retour sur un épisode très con (mettant en scène le plus naze des Doyens de l'Univers, l'Oblitérateur, une sorte de Rambo génocidaire). Pratiquement que des épisodes one-shot, du coup difficile d'en faire un résumé, mais c'est du cosmique philosophico-bourrin comme on aime. On trouvera aussi un mini-épisode issu d'un magazine Wolverine (sans Wolverine), des récits one-shots issus de l'annuel Silver Surfer n°2... On a même Mantis qui passe par là (dans un épisode des 4 Fantastiques), personnage fétiche du scénariste, et qui meurt une fois de plus (pour rejoindre la conscience cosmique, comme d'hab), quelques mois après son décès chez les West Coast Avengers. Elle reviendra !
Le plus intéressant est le dernier tiers de l'ouvrage, rassemblant deux récits colossaux et ambitieux (et hors continuité) :
Judgement Day de Stan Lee et Steve Buscema, graphiquement sublime puisqu'entièrement en pleines pages luxueuses, et récit puissant et original confrontant le Surfer à Nova devenue folle de rage et d'amour pour Galactus, via les manipulations de Mephisto
Parabole de Stan Lee et Moebius, oeuvre classique là aussi graphiquement bluffante et scénaristiquement remarquable. Galactus débarque sur Terre et se fait vénérer tel un dieu, afin de mener l'humanité à sa perte. Mais le Surfer sort de sa retraite, pour tenter de sauver une planète qui le déteste. Beaux personnages secondaires, notamment le grand prêtre de Galactus, télévangéliste détestable qui aura sa rédemption finale. Culte !
Chouette tome bien représentatif de la Surfer-mania des années 80 !
Bon, dommage que les épisodes de JY Mitton (de 1980) restent introuvables et n'aient pas été réédités dans un tome précédent (mais il y a un souci de droits, je crois).
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