Bof, un bon exemple d'événement Marvel standard et finalement sans trop d'intérêt... Un grand méchant oublié surgit du fond des âges (le Serpent, frère aîné d'Odin, prénommé ... Cul, bizarrement on cite rarement ce prénom dans la VF), il transforme en monstres destructeurs une poignée de héros et méchants avec de gros marteaux, et son plan est en gros de détruire Midgard (la Terre, quoi). Muahaha.
Evidemment, plein de villes sont détruites, l'humanité s'en sortira de justesse et des héros mourront héroïquement (Thor et Le Soldat de l'Hiver) mais rassurez-vous, ils ressusciteront dès le mois suivant. Et au final il ne restera pas grand-chose de cet arc, sinon d'avoir fait connaissance avec le frangin d'Odin.
Là par contre c'est pas mal du tout ; le seul point commun avec la série TV récente est que la Terre est envahie par les Skrulls. Plein de super-héros (et de dirigeants internationaux) se rèvèlent être des extraterrestres métamorphes, parfois même à leur propre insu. Rebondissements incessants, personnages féminins intelligemment mis en valeur (Maria Hill trop badass, l'impératrice Skrull trop cool, etc.), récit qui n'est pas qu'une succession de grosses bastons (mais y'en a), c'est très bien.
Le scénariste en profite pour balayer un peu les conséquences de l'arc majeur précédent (Civil War) puisque beaucoup des personnages impliqués s'avèrent rétrospectivement avoir été des imposteurs. Et on embraye sur l'arc suivant, Dark Reign, puisque Norman Osborn prendra la place de Tony Stark à la tête du SHIELD, suite à ses actions héroïques (avec ses Thunderbolts). Quand aux personnages temporairement remplacés par des imposteurs, il s'avère qu'ils sont toujours vivants et libérés d'un vaisseau-prison Skrull, parce que ça n'aurait pas été cool qu'ils aient été éliminés...
"Inhumans - Tour d'Ivoire" date de 1998. Marvel, alors en grande difficulté financière (et même officiellement en faillite), délégua quatre séries à un éditeur tiers, Event Comics, pour publier leurs aventures sous le label Marvel Knights : Black Panther, Punisher, Daredevil et donc Inhumans.
Le titre Inhumans, scénarisé par Paul Jenkins et dessiné par Jae Lee, propose une saga consacrée à ce peuple caché, créé par Stan Lee et Jack Kirby, et qui ont connu une histoire éditoriale agitée, avec tout de même quelques séries dédiées au fil des années. Les récits les impliquant se doivent d'être un minimum subtil, puisque leur histoire implique des thèmes très casse-gueule : l'eugénisme et l'esclavage notamment.
Le récit se situe à l'époque où les Inhumains ont déplacé leur cité, Attilan, sur une partie émergée de l'Atlantide. Ils ont pour voisins des mercenaires russes et portugais, apparement envoyés pour dénicher des mines de vibranium.
Mais les choses s'enveniment, les mercenaires commencent à attaquer la cité, apparemment aidés par un traître... Serait-ce le diabolique Maximus, pourtant enfermé dans un cachot étanche ? Pourquoi le roi Flèche Noire se refuse-t-il a utiliser son pouvoir pour désintégrer l'armée ennemie ?
Récit désormais classique, avec un graphisme à l'époque très novateur, l'aventure ne manque pas d'intérêt, même si évidemment tout est basé sur un plan caché dévoilé à la fin (et qui, AMHA est un peu pourri, mais bon...). L'aventure commence du point de vue de quelques personnages nouveaux, des citoyens d'Attilan participant à la guerre, notamment une poignée d'adolescents venant de subir leur "teratogénèse" (leur "transformation" rituelle en super-individus) mais l'intrigue se concentre tout de même majoritairement sur la famille royale, et la plèbe est un peu laissée à l'arrière plan.
Bon album tout de même, avec des personnages bien traités (Gorgone et Triton, héroïques et désespérés) et un super-vilain (Maximus) au top de son intelligence détraquée.